Je reçois beaucoup de messages par rapport à l’analyse de Clément Viktorovitch sur les propos de Julie Graziani, au cours de laquelle il parle des fenêtres d’overton, qui illustrent comment évoluent les opinions en politique, faisant que certaines opinions extrêmes deviennent tolérées, et inversement.

Oui, la notion de curseur politique que j’ai développé sur la publication épinglée s’inscrit dans la logique des fenêtres d’overton, j’ai donc décidé de creuser mon propre concept, pour y ajouter des éléments. Cela m’a conduit à parler de balance politique. Ce qui m’a permis d’aller plus loin sur les fenêtres d’overton et les fenêtres d’opportunités de Kingdom, comment ?

1. J’ai décidé de représenter l’évolution des idées politiques sous la forme d’une balance, dont le socle évolue en fonction du contexte culturel et politique de la société. Actuellement, avec la bourgeoisie qui possède complètement l’hégémonie culturelle, les socles de la balance sont comme ça :

[______I__________]

Le socle peut évoluer grâce aux mythes et à l’histoire. Le mythe du self made man permet de faciliter les politiques individualistes. La résistance française sous la seconde guerre mondiale a facilité la mise en place de politiques révolutionnaires, comme la création et la généralisation (surtout) de la Sécurité Sociale par exemple.

2. Sur ces socles vont se mettre des idées. Sur le socle de gauche, on va y trouver des concepts révolutionnaires comme l’autogestion, la sécurité sociale, la fin de la propriété privée lucrative, la fin du genre, etc. Sur le socle de droite, on y va y trouver des concepts bourgeois comme l’individualisme, la compétition, l’austérité, le pouvoir centralisé, etc. Chaque idée a une certaine taille et masse en fonction de sa force révolutionnaire ou bourgeoise. Seules les idées qui sont capables d’être posées sur la balance fonctionnent, ainsi :

Répartition des richesses : ∆
Ça rentre sur le socle à gauche de notre balance, donc ça peut aller dans le débat politique sans trop de problème.

Fin de la propriété privée lucrative : (########)
Ça rentre pas, plus concrètement, essayez de convaincre la population de la fin de la propriété privée lucrative, bonne chance, ça fait des années que j’essaie et j’ai encore des Pepitos qui disent “PoUr FaIrE cOmMe L’uRsS ?? 871697519462962 de millions de morts !!!!”

3. La balance politique n’est pas là pour faire jolie, elle s’inscrit dans une finalité : La révolution totale avec l’abolition de TOUTES les classes (et pas juste celle du prolétariat), ou L’immobilisme social avec la perpétuation des classes.

Ainsi, plus le socle de gauche est rempli d’idées révolutionnaires qui sont normalisées par la société, plus la balance va pencher vers la révolution totale.

A l’inverse, plus le socle de droite est rempli d’idées bourgeoises normalisées, plus la balance va pencher vers l’immobilisme social.

En d’autres termes, la balance politique Illustre un instant t du politique dont l’évolution va témoigner de l’évolution de la lutte des classes. Les idées et les concepts révolutionnaires et bourgeois dépendant de nos rapports sociaux pour pouvoir naître et s’exprimer de manière concrète.

Ainsi, diminuer le socle de gauche permet de limiter la crédibilité des idées révolutionnaires, là où l’augmenter pour le socle de droite permet s’inscrire des éléments idéologiques dans le marbre du pragmatisme, alors que ça l’est pas.

Voilà, c’était une exposition très rapide de ce que j’ai développé dans mon manuscrit, pour rebondir sur les fenêtres d’overton. Bisous câlins et pain perdu pour tout le monde. Buvez un thé ou un chocolat chaud, ça vous fera du bien.

Salut les smicards ! Si vous avez ouvert Internet depuis moins de 24 heures il y a peu de chance que vous voyiez passé à côté de cette belle saillie de l’éditorialiste Julie Graziani (accessoirement pro-manif pour tous et ultra conservatrice ce qui n’enlève rien à son charme désuet) concernant un échange entre Macron et une jeune femme au SMIC, célibataire avec deux enfants à charge. Sinon, on vous laisse revoir ce moment épique.

Julie Graziani (L’incorrect) à propos de la dame payée au SMIC avec 2 enfants qui a interpelé Macron :

“Et si on est au SMIC, faut peut être pas divorcer dans ces cas là.”

La grande classe.
pic.twitter.com/ooFJFkPXwW

— Jean Hugon? (@JeanHugon3) November 5, 2019

Bah ouais mais les gars c’est vrai quoi, les smicards ils se plaignent et tout mais en vrai des fois ils feraient bien de se remettre en question à force d’être pauvres. Nous on soutient vachement Julie Graziani, c’est vrai que les gens au SMIC quelque part ils l’ont bien mérité.

1. Ils n’ont pas fait d’études

Bah oui souvent les gens au SMIC ont commencé à travailler directement après le bac. Ils sont cons aussi. En plus, on le sait bien que dès qu’on fait des études, surtout dans une école de commerce privée, on a beaucoup plus de chance d’avoir un métier qui paye. Mais ça, ça leur passe au dessus de la tête j’ai l’impression.

2. Ils n’ont sûrement pas bien travaillé à l’école

De toute évidence, ils ont du foirer leur dictée au brevet. Pire encore, ça m’étonnerait pas qu’ils aient fait L.

3. Ils n’ont même pas hérité de leurs parents

De la même façon, à tous les coups ils n’ont pas pensé à hériter de l’entreprise de leur papa. Mais ça c’est parce que leur papa ne doit pas être fier d’eux. Normal, puisqu’ils sont au SMIC.

4. Ils n’ont pas pensé à choisir un métier qui paye mieux

Bah oui, c’est sûr qu’en étant caissière on gagne vachement moins qu’en étant PDG. Tout le monde le sait. Il faut vraiment être idiot pour faire le mauvais choix.

5. Ils ont fait des gosses alors qu’ils sont au SMIC

A tous les coups ça va nous faire des futurs smicards, ah bah bravo.

6. Ils vivent dans un logement avec un loyer à payer

C’est quand même pas très malin ! S’ils étaient à la rue ils feraient de belles économies sur leur salaire et auraient moins l’occasion de se plaindre. A tout problème il y a des solutions.

7. S’ils voulaient plus ils demanderaient une augmentation, ça tombe sous le sens

Les smicards ce sont des gens qui manquent de volonté, voilà tout.

8. Ils mangent matin midi et soir

Ah ça ! Ce que ça bouffe les smicards c’est dingue. Alors qu’il suffirait de sauter un ou deux repas pour réduire ses dépenses. C’est quand même pas compliqué bordel à cul.

9. Ils leur auraient pu trouver une astuce pour gagner 3000 €

Ils sont cons aussi.

10. Parce qu’il manquerait plus qu’ils soient chômeurs aussi

Franchement, moi je pense que les smicards ils méritent tellement d’être au SMIC qu’ils mériteraient même d’être au chômage. Mais bon après plutôt des chômeurs sans indemnités parce qu’il faut pas charrier non plus.

11. Ils auraient pu créer leur start-up

Parce qu’il n’y a rien de mieux que d’être acteur de sa propre vie en entreprenant.

12. Ils auraient pu créer une appli et la revendre à Facebook

Si des gens l’ont fait c’est que c’est possible. Il faut juste avoir un peu de jugeote à la fin !

Et franchement depuis que Macron a proposé une prime de 100 € par mois, ils sont vernis les smicards.

Si vous voulez un peu plus de love sur Julie Graziana, n’hésitez pas à regarder aussi ce joli discours où elle compare les trisomiques aux Noirs. Une pépite comme on en fait plus.

https://t.co/zAtJrRCpla C’est très moyen ça aussi ??

— GWLADYS CEBIN (@BLACKAFFHAIR) November 6, 2019

Pin It